Le point sur les records de vitesse à la voile

Rédaction : Steve le 22 mai 2009
Catégorie de sujets : Nouvelles,Records de vitesse

Record de vitesse de pointe non homologué (malheureusement, suivi d’un chavirage), de tous les temps pour un voilier : 61 noeuds.  Exploit donc mitigé pour l’Hydroptère réalisé à la fin 2008.  Depuis, l’Hydroptère fort de cette leçon d’humilité et ragaillardi s’est attelé à battre de nouveaux records de vitesse, homologués eux, sur 500 mètres  et ensuite sur un kilomètre.  Plus tard encore, il devait se hisser – c’est le cas de le dire - au premier rang des multicoques, voire des engins à voile, en tenant une moyenne frôlant les 51 noeuds sur une distance d’un mille.

Alors là, on s’approche de la cadence d’un mille à la minute.   Lorsque les voiliers sillonneront les mers à 60 noeuds de moyenne, les calculs d’ETA ne seront plus qu’un jeu d’enfant.  Enfin, ne sortez pas le champagne car il y a loin de la coupe aux lèvres, quand bien même les records de vitesse à la voile se multiplient, notamment depuis 1972.

Il existe différents types de records de vitesse à la voile homologués et non homologués. Dans l’article précédent, il s’agissait du palmarès de Groupama 3 sur des parcours de bonne longueur ou de bonne durée.  A ce titre, ce trimaran détient toujours le record des vitesses moyennes les plus élevées tenues par un voilier.

Rappelons d’ailleurs que Michel Desjoyeaux, skipper de Foncia, avait battu le record de vitesse moyenne en solitaire sur monocoque à l’issue du Vendée-Globe 2008-2009 dont il est sorti grand gagnant.

Qu’en est-il au juste des records de vitesse pure, c’est-à-dire la vitesses jamais atteinte auparavant par un voilier de conception quelconque, sur une très courte distance ou pour un bref instant ?

Pour prendre connaissance des nouveaux records officiels de vitesse à la voile, il faut s’en remettre normalement au World Sailing Speed Records Council (WSSRC) qui les constate et les classe selon des règles précises, notamment la règle du parcours minimal de 500 mètres.  En réalité, pour répondre à la question précédente, il importe de savoir que les planches à voile et différents prototypes de voiliers hors normes alternent avec les maxi multicoques pour monter à l’assaut de nouveaux records de vitesse de pointe.

 Le site YachtPals présente un très bon article  à ce sujet.  De fait, il ne se passe pas une semaine sans que, quelque part au monde, un nouveau prototype de voilier ne soit lancé et testé en vue de remporter la palme, officielle ou non, des vitesses de pointe.  Et l’un d’eux défoncera aussi, tôt ou tard, la barre des 61 noeuds. Qu’il suffise de constater, en vitesse de pointe, les récents exploits d’Alexandre Caizergues, homologués à 50,98 noeuds et talonné par Robert Douglas à 50,95 noeuds. 

 

Et cela, c’est sans compter la venue de la planche à voile volante, c.-à-d. montée sur un plan porteur comme l’Hydroptère.  Ce nouvel engin pourrait fort bien défrayer la chronique des bolides à voile sous peu. 

De retour aux multicoques, celui qui mérite notre attention est sans nul doute l’Hydroptère lequel, comme son nom l’indique, dépasse les vitesses atteintes par des voiliers plus conventionnels comme, par exemple, Groupama 3, et ce à l’aide de plans porteurs sur lesquels il se hisse dès qu’il atteint une certaine vitesse de calcul.

Une fois sustenté par ces plans porteurs, la résistance de l’eau diminue et l’Hydroptère accélère davantage.  On parle de pointes à 50 noeuds et plus.  La difficulté de comportement de ce coursier à voile dépend, dans l’état actuel des choses, de la surface de la mer.

Combien de temps encore un multicoque détiendra-il le nouveau record de vitesse de 61 noeuds ?  Il se peut qu’un autre type de voilier ait déjà défoncé ce record au moment d’écrire lignes.  Il reste toutefois à prendre connaissance de l’exploit.

Comme on l’a dit auparavant, les plans d’eau lisses sont particulièrement propices aux records de vitesse de courte durée.  Par contre, les plans d’eau lisses ne sont pas de dimensions infinies.  On finit tôt ou tard, en mer, par trouver du clapot, ensuite de la vague et puis de la houle.   Et c’est là que la croisière ne s’amuse plus et doit faire demi-tour.

Pas pour longtemps du moins, car sachez bien que dans les bureaux d’études nautiques ont travaille fort à dessiner des carènes et des plans porteurs qui permettront aux hydroptères à voile en général de reléguer les maxi trimarans hyper-rapides au rang des traîne-la-patte.  Blague à part,  rien n’est sûr encore quant à la tenue des trimarans hydroptères en haute mer et, plus particulièrement, sur des parcours difficiles comme par exemple celui du Vendée-Globe où la maniabilité des voiliers par gros temps est gage de sécurité.

Les essais de vitesse en mer d’hydroptères motopropulsés remontent à la fin du 18ème siècle.  Ce ne sont pas les données techniques qui manquent sur les performances et la stabilité obtenues par ces engins en mer.  En outre, le monde de la voile a connu tout récemment un regain d’intérêt envers un dériveur hydroptère inventé en Australie, en 1930 environ, et portant le nom de «Moth» (rien à voir avec le dériveur léger du même nom): 

Reste à voir dans quelle mesure ces mêmes données peuvent, le cas échéant, entrer dans la conception et la popularisation d’hydroptères à voile de compétition ou – pourquoi pas ?- de promenade en mer.  On verra bientôt ce que l’une et l’autre conceptions, monocoque et (surtout) multicoque hydroptères ou conventionnels, nous réservent comme potentiel de vitesse moyenne et de vitesse de pointe.

Quant aux records de vitesse moyenne sur de longues distances, l’enjeu est différente du fait que l’endurance des équipages et du matériel entrent en ligne de compte.  De ce côté, les événements se bousculent constamment. Voir à cet effet la mise à jour à la fin de cet article. 

En ce qui concerne les hydroptères à voile, je vous suggère pour l’instant d’examiner la vidéo qui suit, en vous laissant deviner quelle conception, entre le trimaran conventionnel et l’hydroptère, sera gagnante sur les longs parcours en termes de vitesse moyenne et de sécurité dans l’optique du transport de passagers payants ou non.

Dommage que l’Hydroptère ait culbuté en tentant de battre tous les records de vitesse de pointe à la voile.  Restez néanmoins aux aguets : l’Hydroptère n’a pas dit son dernier mot.

(Point de langue: l’Hydroptère avec un « h » majuscule est une marque déposée et vise spécifiquement l’hydroptère à voile que l’on voit sur la vidéo ci-dessus.)

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MISE À JOUR
: On apprenait, le 20 mars 2010, que le maxi trimaran « Groupama 3″ est maintenant le voilier le plus rapide au monde sur de longs parcours après avoir remporté le trophée Jules Verne 2010.  Pour de plus amples détails, veuillez consulter les toutes dernières nouvelles au sujet du nouvel exploit de Groupama 3.   

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